LA COTE D'ALBATRE

 

En arrivant depuis le large, c'est d'abord un cheveux blanc, rectiligne, horizontal, frontière ténue entre le turquoise laiteux de l'eau et l'acier de l'éther. Plus près, la ligne crayeuse s'épaissit et révèle sur son bord supérieur verdoyant les ondulations, tantôt légères, des valleuses, tantôt franches, des vallées. En débarquant sur la plage, les galets gris profond roulent sous les pieds et exhalent leur odeur de silice mouillée. La falaise de craie, inquiétante protectrice, nous surplombe et renvoie le bruit du ressac dans un concert de sons minéraux. Le silex enclavé dessine des lignes sombres dans la blancheur de l'albâtre. Tout invite à élever le regard, à basculer la tête en arrière, offrir son cou au vent de suroit et tutoyer les nues.

 

Renaud Moignard

Série 1

Série 2